Je pense, de toutes mes forces, que la justice et la vérité comptent plus que n’importe quel intérêt politique.

Ce qui rend exceptionnel le personnage de Germaine Tillion est la manière dont elle a su réunir action et travail de connaissance. Ethnologue dans le Sud algérien dans les années trente, elle cherche à comprendre mais aussi à aider ceux qui l’entourent.

Rentrée en France au moment de la débâcle, elle s’engage dans la résistance ; s’ensuivent arrestation, prison, camp de concentration où elle cherchera encore à s’informer et à soulager la détresse de ses camarades. Au retour des camps, elle devient historienne de la déportation et de la résistance.

En 1954 éclate la guerre d’Algérie : elle luttera contre la misère et le terrorisme, la torture et les exécutions. Plus tard elle étudiera l’asservissement des femmes… Traversant les heures les plus sombres du siècle, elle n’aura jamais perdu la compassion pour ses semblables, ni son sourire malicieux.